Sclérothérapie de kyste rénal
Injection d'éthanol dans un kyste rénal volumineux pour empêcher sa récidive après aspiration.
Sclérothérapie de kyste rénal
Synonymes : alcoolisation de kyste du rein, sclérothérapie de kyste rénal à l'éthanol
Contexte et indications
La sclérothérapie percutanée de kyste rénal est un traitement mini-invasif des kystes rénaux simples (Bosniak I-II) symptomatiques. Les kystes rénaux simples sont très fréquents (augmentant avec l'âge, > 50 % après 50 ans) mais rarement symptomatiques. La sclérothérapie est indiquée pour les kystes volumineux (> 5 cm) responsables de douleur lombaire, compression du système collecteur (hydronéphrose), hypertension artérielle, ou gêne fonctionnelle.
La sclérothérapie est une alternative à la marsupialisation chirurgicale (laparoscopique), avec une morbidité moindre.
Bilan préalable
Le bilan comprend un scanner ou IRM rénale (confirmation du caractère simple — Bosniak I ou II, exclusion d'un kyste complexe Bosniak III-IV nécessitant une exploration chirurgicale), et un bilan de fonction rénale.
Déroulement de l'intervention
Sous anesthésie locale et guidage échographique (ou scanner), un cathéter de drainage (8-10F) est inséré dans le kyste. Le contenu kystique est aspiré (analyse cytologique et biochimique). Un agent sclérosant (éthanol à 95 %, 10-50 % du volume aspiré, maximum 100 mL) est injecté, laissé en contact 20-30 minutes avec rotation du patient, puis réaspiré. La procédure peut être réalisée en une séance ou avec un drainage prolongé de 24-48h pour les gros kystes. La procédure dure 30-45 minutes.
Résultats et données scientifiques
Le taux de succès (réduction de volume > 50 % et résolution des symptômes) est de 75-95 % après 1-2 séances. Le taux de récidive nécessitant retraitement est de 10-20 %. La sclérothérapie à l'éthanol est supérieure à la simple aspiration (récidive de 80-100 % pour l'aspiration seule). Une méta-analyse a confirmé l'efficacité de la sclérothérapie avec un taux de régression significatif à long terme (Zerem et al., European Urology, 2008 ; DOI : 10.1016/j.eururo.2007.10.049).
Risques et complications
Douleur lombaire (20-40 %, transitoire), hématurie (5-10 %), fièvre (5-10 %), infection de kyste (< 2 %). L'absorption systémique d'éthanol est minimale aux volumes utilisés. Les complications majeures sont rares (< 2 %).
Suites et récupération
Sortie le jour même ou hospitalisation 1 nuit. Échographie de contrôle à 3 et 6 mois.
Modalités pratiques
L'intervention est réalisée en ambulatoire ou en courte hospitalisation selon les cas. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel, en coordination avec l'urologue ou le néphrologue.
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