Mise en place de drain pleural tunnelisé

Mise en place d'un drain permanent tunnelisé pour l'évacuation à domicile d'épanchements pleuraux récidivants.

Drainages et ponctions

Mise en place de drain pleural tunnelisé

Synonymes : drain pleural permanent tunnelisé, drain PleurX

Contexte et indications

Le drain pleural tunnelisé (type PleurX®) est un cathéter à demeure tunnelisé sous la peau, permettant des drainages intermittents d'un épanchement pleural récidivant à domicile. Il est le traitement de première intention de l'épanchement pleural malin récidivant (cancer bronchique, sein, mésothéliome, carcinose pleurale), en alternative à la pleurodèse chimique (talc).

Il est également proposé pour les épanchements pleuraux bénins récidivants (insuffisance cardiaque réfractaire, syndrome de Meigs, chylothorax) résistant au traitement médical.

Bilan préalable

Le bilan comprend un scanner thoracique (confirmation de l'épanchement récidivant, exclusion d'un poumon trappé — contre-indication relative à la pleurodèse), une échographie pleurale (repérage), et un bilan de coagulation.

Déroulement de l'intervention

Sous anesthésie locale et guidage échographique, un tunnel sous-cutané de 5-10 cm est créé sur la paroi thoracique latérale. Le cathéter tunnelisé (15.5F) est inséré dans l'espace pleural via le tunnel, avec un manchon de Dacron. L'épanchement est partiellement drainé (1 L maximum pour la première séance). Le patient est éduqué au drainage à domicile avec les bouteilles sous vide. La procédure dure 30-45 minutes.

Résultats et données scientifiques

L'essai randomisé TIME2 a comparé le drain tunnelisé à la pleurodèse au talc pour l'épanchement pleural malin : les deux offrent un contrôle équivalent de la dyspnée, mais le drain tunnelisé réduit les journées d'hospitalisation (Davies et al., JAMA, 2012 ; DOI : 10.1001/jama.2012.5535). La pleurodèse spontanée (auto-symphyse pleurale) survient dans 40-60 % des cas après 2-3 mois de drainages réguliers, permettant le retrait du drain.

Risques et complications

Infection (2-5 %, empyème : < 2 %), obstruction du drain (5-10 %), douleur locale (10-20 %), fuite au site (5-10 %). Le risque de dissémination tumorale sur le trajet est faible (< 1 %).

Suites et récupération

Sortie le jour même ou le lendemain. Drainage à domicile tous les 2-3 jours (500 mL-1.5 L par séance). Suivi radiologique et clinique régulier.

Modalités pratiques

L'intervention est réalisée en ambulatoire ou en courte hospitalisation selon les cas. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel, en coordination avec le pneumologue et l'oncologue.