Injection intralésionnelle d'agent thérapeutique

Injection directe d'un agent thérapeutique dans une tumeur sous guidage par imagerie.

Oncologie interventionnelle

Injection intralésionnelle d'agent thérapeutique

Synonymes : injection intralésionnelle guidée, injection percutanée intra-tumorale

Contexte et indications

L'injection intralésionnelle percutanée guidée par imagerie consiste à injecter directement un agent thérapeutique dans une lésion tumorale ou kystique. Les agents utilisés incluent : l'éthanol (alcoolisation de CHC, kystes thyroïdiens/rénaux/hépatiques), le méthotrexate (grossesse extra-utérine), les corticoïdes (pseudo-tumeur inflammatoire, sarcoïdose), ou des agents d'immunothérapie intratumorale (T-VEC pour le mélanome, BCG pour certaines tumeurs).

Pour le CHC, l'injection percutanée d'éthanol (PEI) a été le premier traitement percutané curatif, efficace pour les tumeurs ≤ 2 cm, bien que largement supplantée par la RFA/MWA.

Bilan préalable

Le bilan dépend de l'indication : imagerie de la lésion (scanner/IRM/échographie), bilan biologique adapté, et discussion en RCP le cas échéant. La faisabilité du trajet percutané est évaluée.

Déroulement de l'intervention

Sous anesthésie locale (± sédation) et guidage échographique ou scanner, une aiguille fine (20-22G) est insérée dans la lésion. L'agent thérapeutique est injecté lentement sous contrôle en temps réel. Pour l'alcoolisation d'un CHC, 2-10 mL d'éthanol à 95 % sont injectés par séance. Plusieurs séances peuvent être nécessaires. La procédure dure 15-30 minutes.

Résultats et données scientifiques

Pour le CHC ≤ 2 cm, l'injection percutanée d'éthanol offre un taux de nécrose complète de 80-90 % et une survie à 5 ans de 50-60 %. L'éthanol reste utile comme complément à l'ablation thermique pour les petits résidus tumoraux ou les localisations inaccessibles à la RFA/MWA.

Risques et complications

Douleur locale (30-50 %, transitoire), fièvre (5-10 %), hémorragie (< 2 %), dissémination tumorale sur le trajet (exceptionnelle avec les aiguilles fines). Les complications majeures sont rares (< 2 %).

Suites et récupération

Sortie le jour même ou hospitalisation 1 nuit selon le volume injecté et la localisation. Imagerie de contrôle à 1 mois.

Modalités pratiques

L'intervention est réalisée en ambulatoire ou en courte hospitalisation selon les cas. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel.