Injection de PRP
Injection de plasma riche en plaquettes dans les articulations ou les tendons pour favoriser la régénération tissulaire et réduire la douleur.
Injection de PRP
Synonymes : injection de plasma riche en plaquettes, PRP articulaire
Contexte et indications
Le plasma riche en plaquettes (PRP) est un produit autologue obtenu par centrifugation du sang du patient, concentrant les plaquettes et leurs facteurs de croissance (PDGF, TGF-β, VEGF, IGF). Injecté dans une articulation, un tendon ou un ligament, il vise à stimuler la cicatrisation tissulaire et à réduire l'inflammation. Le guidage par imagerie (échographie ou scanner) assure une injection précise dans la cible anatomique.
Les indications principales sont : arthrose modérée du genou, de la hanche ou de l'épaule (comme alternative ou complément aux infiltrations de corticoïdes), les tendinopathies chroniques (épicondylite, tendinopathie d'Achille, tendinopathie rotulienne, fasciite plantaire), les lésions ligamentaires partielles et les lésions musculaires.
Bilan préalable
Le bilan comprend une imagerie récente (IRM ou échographie) confirmant le diagnostic et la cible d'injection, un bilan biologique (numération plaquettaire, bilan de coagulation), et la vérification de l'absence de prise d'anti-inflammatoires (AINS) dans les 5 jours précédents (les AINS inhibent l'activation plaquettaire).
Déroulement de l'intervention
Un prélèvement de sang veineux (15-30 mL) est réalisé, puis centrifugé pour isoler la fraction riche en plaquettes. Le PRP obtenu (3-6 mL) est ensuite injecté sous guidage échographique ou scanner dans la cible (articulation, tendon, enthèse). La procédure dure environ 30 à 45 minutes. Selon le protocole, 1 à 3 séances espacées de 2 à 4 semaines peuvent être nécessaires.
Résultats et données scientifiques
Pour l'arthrose du genou, une méta-analyse portant sur 1069 patients a montré une supériorité du PRP sur l'acide hyaluronique et les corticoïdes en termes de soulagement de la douleur et d'amélioration fonctionnelle à 12 mois (Laudy et al., British Journal of Sports Medicine, 2015 ; DOI : 10.1136/bjsm.2014.094036). Pour les tendinopathies latérales du coude (tennis elbow), le PRP a montré des résultats supérieurs aux corticoïdes à moyen terme (Mishra et al., American Journal of Sports Medicine, 2014 ; DOI : 10.1177/0363546513494359).
L'amélioration est généralement progressive sur 4 à 12 semaines et peut durer 6 à 12 mois. Les résultats sont meilleurs dans l'arthrose modérée (Kellgren-Lawrence grades II-III) que sévère.
Risques et complications
Le PRP étant un produit autologue (issu du patient lui-même), les risques sont minimes : douleur au site d'injection (fréquente les 2-3 premiers jours), gonflement articulaire transitoire (10-15 %), ecchymose au point de ponction. Les risques d'infection et de réaction allergique sont exceptionnels.
Suites et récupération
Un repos relatif de 24-48 heures est recommandé. Les AINS doivent être évités pendant 2 semaines après l'injection (ils contrecarrent l'effet du PRP). La reprise progressive des activités physiques est encouragée après 1 semaine. L'amélioration est graduelle et maximale à 6-12 semaines.
Modalités pratiques
L'intervention est réalisée en ambulatoire. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel. Le PRP n'est actuellement pas remboursé par l'assurance maladie de base en Suisse dans la plupart des indications.
Français
English