Embolisation d'un priapisme à haut débit
Embolisation sélective de la fistule artério-caverneuse responsable d'un priapisme à haut débit, généralement post-traumatique.
Embolisation d'un priapisme à haut débit
Synonymes : embolisation de fistule artério-caverneuse, traitement endovasculaire du priapisme
Contexte et indications
Le priapisme à haut débit (artériel, non ischémique) est une érection prolongée causée par une fistule artério-caverneuse, le plus souvent post-traumatique (traumatisme périnéal, chute à califourchon). À la différence du priapisme veineux (ischémique, urgence urologique), le priapisme artériel n'est pas douloureux et n'entraîne pas de nécrose des corps caverneux. L'embolisation de l'artère pudendale interne (branche caverneuse) est le traitement de référence.
Bilan préalable
Le bilan comprend un écho-Doppler pénien (confirmation du haut débit, visualisation de la fistule artério-caverneuse), une gazométrie du sang caverneux (sang rouge artériel — PO2 élevée, contrairement au priapisme ischémique), et un angioscanner pelvien si nécessaire.
Déroulement de l'intervention
Sous anesthésie locale et sédation, un cathéter est introduit par l'artère fémorale. Une artériographie pelvienne sélective identifie la fistule artério-caverneuse (extravasation de contraste dans le corps caverneux). L'artère pudendale interne est cathétérisée super-sélectivement et la fistule est embolisée avec des matériaux résorbables (gélatine — préservation de la fonction érectile) ou des micro-coils. L'utilisation de matériaux résorbables est préférée pour maximiser la préservation de la fonction érectile. L'intervention dure 1 à 2 heures.
Résultats et données scientifiques
L'embolisation offre un taux de succès de 75-90 % pour la résolution du priapisme. La fonction érectile est préservée dans 80-90 % des cas. Le taux de récidive est de 10-30 %, traitable par une seconde embolisation. L'embolisation est recommandée comme traitement de première intention par les guidelines EAU et AUA pour le priapisme artériel (Salonia et al., European Urology, 2014 ; DOI : 10.1016/j.eururo.2013.11.008).
Risques et complications
Dysfonction érectile (10-20 %, souvent transitoire), embolisation non-cible (< 2 %), hématome au point de ponction (3-5 %), récidive (10-30 %). L'utilisation de matériaux résorbables réduit le risque de dysfonction permanente.
Suites et récupération
Hospitalisation 1-2 nuits. Détumescence progressive en 24-48h. Écho-Doppler de contrôle à 1-2 semaines.
Modalités pratiques
L'intervention est réalisée en hospitalisation. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel, en coordination avec l'urologue.
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