Embolisation d'hémostase

Procédure d'urgence consistant à boucher par voie endovasculaire l'artère responsable d'un saignement actif, quel que soit l'organe concerné.

Hémostase et urgence

Embolisation d'hémostase

Synonymes : arrêt de saignement par embolisation, embolisation d'urgence pour saignement, embolisation hémostatique

Contexte et indications

L'embolisation d'hémostase est une intervention endovasculaire d'urgence visant à occlure une artère responsable d'un saignement actif. C'est un traitement mini-invasif vital dans les hémorragies menaçant le pronostic vital, en alternative ou en complément de la chirurgie d'hémostase. Les principales indications incluent :

  • Hémorragies post-traumatiques (rate, foie, rein, pelvis — trauma management)
  • Hémorragies gastro-intestinales (ulcères, diverticules, angiodysplasies, hémorragies post-chirurgicales)
  • Hémorragies post-opératoires (après pancréatectomie, hépatectomie, chirurgie pelvienne)
  • Hémoptysies (artères bronchiques — tuberculose, aspergillome, cancer)
  • Épistaxis sévère réfractaire au tamponnement
  • Hémorragies obstétricales (post-partum — voir fiche dédiée)

Bilan préalable

En urgence, un angioscanner avec injection (temps artériel et portal) est l'examen clé : il localise le saignement actif (extravasation de contraste) et guide le cathétérisme. Le bilan biologique (NFS, coagulation, groupe sanguin/RAI) et la réanimation hémodynamique (remplissage, transfusion) sont réalisés en parallèle.

Déroulement de l'intervention

Sous anesthésie locale (± sédation ou anesthésie générale si patient instable), un cathéter est introduit par l'artère fémorale. Sous guidage fluoroscopique, l'artériographie identifie le site de saignement. L'artère responsable est cathétérisée de manière super-sélective et l'embolisation est réalisée avec des micro-particules (PVA, gélatine), des microcoils, ou de la colle acrylique selon le contexte. L'embolisation doit être aussi sélective que possible pour minimiser l'ischémie des organes. L'intervention dure 1 à 3 heures.

Résultats et données scientifiques

Le taux de succès technique (arrêt du saignement) est de 85-95 %. Pour les hémorragies gastro-intestinales, le taux de récidive est de 10-20 % (retraitable par embolisation ou chirurgie). Pour les traumatismes spléniques et hépatiques, l'embolisation a révolutionné la prise en charge en permettant un traitement non opératoire dans 80-90 % des cas. Pour les hémoptysies, l'embolisation des artères bronchiques offre un contrôle immédiat dans 90-95 % des cas.

Risques et complications

Ischémie d'organe (5-10 %, en général partielle et réversible), embolisation non-cible (2-5 %), syndrome post-embolisation (douleur, fièvre : 20-30 %), récidive hémorragique (10-20 %). La mortalité est liée à la sévérité de l'hémorragie initiale et aux comorbidités, non à la procédure elle-même.

Suites et récupération

Hospitalisation en soins intensifs ou surveillance continue selon la sévérité. Scanner de contrôle à 24-48h. Récupération dépendante du contexte clinique.

Modalités pratiques

L'intervention est réalisée en urgence, en hospitalisation. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel, en coordination avec le réanimateur, le chirurgien et les équipes de garde.