Embolisation des myomes utérins

Obstruction des artères utérines pour traiter les fibromes utérins symptomatiques, en alternative à la chirurgie.

Santé de la femme

Embolisation des myomes utérins

Synonymes : EAU, embolisation des artères utérines pour fibromes

Contexte et indications

Les myomes utérins (fibromes) sont les tumeurs bénignes les plus fréquentes chez la femme, touchant 20-40 % des femmes en âge de procréer. Ils peuvent provoquer des ménorragies (règles abondantes) responsables d'anémie, des douleurs pelviennes, une sensation de pesanteur, des symptômes urinaires par compression vésicale, et parfois des difficultés de fertilité. L'embolisation des artères utérines (EAU) est une alternative reconnue et validée à la myomectomie chirurgicale et à l'hystérectomie.

L'EAU est particulièrement indiquée chez les femmes symptomatiques souhaitant préserver leur utérus, en cas de myomes multiples (où la myomectomie serait complexe), ou chez les patientes présentant un risque chirurgical élevé. Elle n'est généralement pas recommandée en première intention chez les femmes avec un désir de grossesse immédiat.

Bilan préalable

Le bilan comprend une IRM pelvienne (examen clé pour caractériser la taille, le nombre et la localisation des myomes, et exclure une pathologie maligne), une échographie pelvienne, un bilan biologique (numération sanguine, ferritine, bilan hormonal), et un frottis cervical à jour. Une consultation gynécologique préalable est indispensable.

Déroulement de l'intervention

Sous anesthésie locale et sédation ou péridurale, un microcathéter est introduit par l'artère fémorale droite ou l'artère radiale. Sous guidage fluoroscopique, le radiologue interventionnel cathétérise successivement les deux artères utérines et injecte des microparticules calibrées (500-700 ou 700-900 µm, le plus souvent en gélatine résorbable tris-acryl) qui obstruent la vascularisation des myomes. L'intervention bilatérale est réalisée en une seule séance et dure environ 45 à 90 minutes.

Résultats et données scientifiques

L'essai randomisé EMMY (177 patientes), avec un suivi à 10 ans, a montré un taux de satisfaction de 78 % après embolisation contre 87 % après hystérectomie, avec une réintervention nécessaire dans 35 % des cas à 10 ans (de Bruijn et al., American Journal of Obstetrics and Gynecology, 2016 ; DOI : 10.1016/j.ajog.2016.06.051). L'essai REST (NEJM, 2007) portant sur 157 patientes a confirmé une amélioration comparable de la qualité de vie à 1 an entre embolisation et chirurgie.

L'embolisation permet une réduction du volume des myomes de 40-60 % à 6 mois et une amélioration des ménorragies dans 85-90 % des cas. La réduction du volume utérin global est de 30-50 %.

Risques et complications

Le syndrome post-embolisation (douleurs pelviennes de type crampes, nausées, fièvre légère) est fréquent dans les 24-72 premières heures et est contrôlé par un traitement antalgique adapté (incluant une analgésie contrôlée par la patiente si nécessaire). Les complications sévères sont rares : infection utérine (< 2 %), expulsion d'un myome sous-muqueux (3-5 %, pouvant nécessiter un curetage), aménorrhée définitive (< 3 % avant 45 ans, plus fréquente après 45 ans). L'embolisation non-cible ovarienne est exceptionnelle avec les techniques actuelles.

Suites et récupération

L'hospitalisation est généralement de 1-2 nuits pour le contrôle de la douleur. La reprise des activités normales est possible après 1 à 2 semaines (contre 4-6 semaines après chirurgie). Un suivi est prévu à 3, 6 et 12 mois avec IRM de contrôle pour évaluer la réduction volumétrique des myomes.

Modalités pratiques

L'intervention est réalisée en courte hospitalisation (1-2 nuits) ou en ambulatoire selon les cas et la tolérance à la douleur. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel, en coordination avec le gynécologue traitant.