Embolisation des hémorroïdes
Embolisation de l'artère rectale supérieure pour traiter les saignements hémorroïdaires récidivants.
Embolisation des hémorroïdes
Synonymes : embolisation de l'artère rectale supérieure, emborrhoid
Contexte et indications
La maladie hémorroïdaire touche près de 50 % de la population après 50 ans. Les hémorroïdes internes symptomatiques se manifestent principalement par des saignements rectaux récidivants (rectorragies), parfois responsables d'une anémie ferriprive. L'embolisation des artères rectales supérieures (technique dite « Emborrhoid ») est une alternative mini-invasive aux traitements instrumentaux (ligature élastique, photocoagulation infrarouge) et chirurgicaux (hémorroïdectomie, hémorroïdopexie) pour les hémorroïdes de grade II à IV à prédominance hémorragique.
Cette technique est particulièrement indiquée chez les patients sous anticoagulants ou antiagrégants, les patients à haut risque chirurgical, ou ceux souhaitant éviter la douleur et les suites prolongées de la chirurgie.
Bilan préalable
Le bilan comprend une consultation proctologique avec anuscopie confirmant le diagnostic et le grade des hémorroïdes, une coloscopie (recommandée après 45-50 ans pour exclure une autre cause de saignement), et un bilan biologique incluant une numération sanguine (recherche d'anémie) et un bilan de coagulation.
Déroulement de l'intervention
Sous anesthésie locale et sédation légère, un microcathéter est introduit par l'artère fémorale au pli de l'aine. Sous guidage fluoroscopique, le radiologue interventionnel cathétérise sélectivement l'artère mésentérique inférieure puis les branches de l'artère rectale supérieure qui alimentent les plexus hémorroïdaires. L'embolisation est réalisée à l'aide de microcoils et/ou de microparticules. Un cone-beam CT peut être utilisé pour vérifier la bonne ciblage des artères. L'intervention dure environ 30 à 60 minutes et est indolore (pas d'innervation sensitive dans le territoire embolisé).
Résultats et données scientifiques
Une étude prospective portant sur 134 patients a démontré un taux de succès clinique de 93 % sur les saignements hémorroïdaires après embolisation, avec un suivi moyen de 16 mois (Journal of Vascular and Interventional Radiology, 2023 ; DOI : 10.1016/j.jvir.2023.01.023). Le taux de succès technique dépasse 95 %.
Des séries plus récentes portant sur plus de 200 patients confirment un taux d'amélioration clinique de 85-93 %, avec un taux de récidive de 10-15 % à 2 ans. Le taux de satisfaction des patients est élevé (> 90 %), principalement en raison de l'absence de douleur post-procédurale et de la reprise rapide des activités.
Risques et complications
Les complications sont rares et mineures : douleur légère au point de ponction fémoral (< 5 %), inconfort pelvien transitoire (< 3 %). Il n'y a pas de plaie anale, pas de douleur au niveau du canal anal, et pas de risque d'incontinence anale. Les complications majeures (embolisation non-cible, ischémie rectale) sont exceptionnelles (< 0.5 %) grâce au cathétérisme super-sélectif.
Suites et récupération
La récupération est immédiate : la plupart des patients reprennent leurs activités normales dès le lendemain. Il n'y a pas de restriction alimentaire ni de soins locaux nécessaires. L'amélioration des saignements est observée dès les premières semaines. Un suivi est prévu à 1, 3 et 6 mois.
Modalités pratiques
L'intervention est réalisée en ambulatoire ou en courte hospitalisation selon les cas. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel, en coordination avec le gastro-entérologue ou le proctologue traitant.
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