Embolisation des artères utérines pour hémorragie du post-partum

Embolisation d'urgence des artères utérines pour stopper une hémorragie sévère après l'accouchement.

Hémostase et urgence

Embolisation des artères utérines pour hémorragie du post-partum

Synonymes : embolisation pour HPP, embolisation utérine d'urgence post-partum

Contexte et indications

L'embolisation des artères utérines (EAU) pour hémorragie du post-partum (HPP) est une intervention d'urgence vitale permettant de contrôler un saignement utérin massif résistant aux mesures médicales (utérotoniques : oxytocine, sulprostone) et au tamponnement intra-utérin (ballon de Bakri). L'HPP sévère complique 1-3 % des accouchements et reste la première cause de mortalité maternelle dans le monde.

L'embolisation est indiquée dans les HPP réfractaires au traitement médical, quelle que soit l'étiologie (atonie utérine, placenta accreta, déchirure cervicale, coagulopathie). Elle est une alternative à la ligature chirurgicale des artères utérines et à l'hystérectomie d'hémostase.

Bilan préalable

En urgence, le diagnostic est clinique (saignement massif post-partum). Un scanner avec injection peut être réalisé si l'état hémodynamique le permet. La réanimation (transfusion massive, correction de la coagulopathie) est menée en parallèle.

Déroulement de l'intervention

Sous anesthésie locale (ou anesthésie générale si l'état de la patiente le nécessite), un cathéter est introduit par l'artère fémorale. Sous guidage fluoroscopique, les deux artères utérines sont cathétérisées sélectivement et embolisées bilatéralement avec des particules de gélatine résorbables (Gelfoam). La gélatine résorbable est spécifiquement utilisée pour permettre la recanalisation des artères utérines en 2-4 semaines, préservant la fertilité. L'intervention dure 30-60 minutes.

Résultats et données scientifiques

L'embolisation offre un taux de succès (arrêt du saignement et préservation de l'utérus) de 85-95 %. Elle permet d'éviter l'hystérectomie dans la grande majorité des cas. La fertilité est préservée, avec un taux de grossesses ultérieures de 70-80 % chez les femmes le désirant. Les recommandations du CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) et du RCOG (Royal College) incluent l'EAU dans l'algorithme de prise en charge de l'HPP sévère.

Risques et complications

Douleur pelvienne (30-50 %, transitoire), fièvre (10-20 %), ischémie utérine partielle (< 2 %), nécrose utérine (< 0.5 %, exceptionnel), aménorrhée transitoire (5-10 %, récupération en 1-3 mois). Le syndrome d'Asherman (synéchies utérines) est rare (< 2 %).

Suites et récupération

Hospitalisation 2-5 jours selon le contexte (surveillance post-HPP, correction de l'anémie). Suivi gynécologique à 6 semaines.

Modalités pratiques

L'intervention est réalisée en urgence en hospitalisation. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel, en coordination avec l'obstétricien, l'anesthésiste et le réanimateur. La disponibilité 24h/24 d'un radiologue interventionnel est essentielle dans les maternités de niveau III.