Embolisation des anévrismes viscéraux
Traitement par voie endovasculaire d'un anévrisme des artères viscérales (splénique, rénale, hépatique, mésentérique) pour prévenir sa rupture.
Embolisation des anévrismes viscéraux
Synonymes : embolisation d'anévrisme splénique, traitement endovasculaire d'anévrisme viscéral
Contexte et indications
L'embolisation endovasculaire des anévrismes des artères viscérales (artère splénique, hépatique, rénale, mésentérique) est le traitement de première intention de ces anévrismes. Les anévrismes viscéraux sont rares (0.1-2 % de la population) mais présentent un risque de rupture potentiellement fatale. L'artère splénique est la localisation la plus fréquente (60 %), suivie de l'artère hépatique (20 %).
Le traitement est indiqué pour les anévrismes symptomatiques, les anévrismes ≥ 2 cm (seuil de rupture), les anévrismes en expansion, et tous les anévrismes chez la femme en âge de procréer (risque accru de rupture pendant la grossesse).
Bilan préalable
Le bilan comprend un angioscanner avec reconstructions 3D (morphologie, taille, collets, branches collatérales), et l'évaluation des options thérapeutiques (embolisation vs chirurgie vs stent couvert selon l'anatomie). Les anévrismes mycotiques (infectieux) nécessitent un bilan infectiologique et une antibiothérapie associée.
Déroulement de l'intervention
Sous anesthésie locale et sédation, un cathéter est introduit par l'artère fémorale. Sous guidage fluoroscopique, l'anévrisme est cathétérisé sélectivement. Plusieurs techniques sont utilisées selon la morphologie : packing de coils dans le sac anévrismal (anévrismes sacculaires), embolisation « sandwich » (occlusion en amont et en aval avec coils), pose de stent couvert (endoprothèse) excluant l'anévrisme (si collet favorable et artère porteuse à préserver), ou injection de colle pour les cas complexes. L'intervention dure 1 à 3 heures.
Résultats et données scientifiques
L'embolisation endovasculaire offre un taux de succès technique de 90-98 % avec un taux de récidive de 5-10 %. Pour les anévrismes de l'artère splénique, l'embolisation est supérieure à la chirurgie en termes de morbidité. Le taux de préservation de la fonction organique (rate, foie, rein) est de 85-95 % grâce aux techniques d'embolisation sélective.
Risques et complications
Infarctus splénique partiel (10-20 % pour les anévrismes spléniques, en général asymptomatique), syndrome post-embolisation (10-20 %), migration de coils (< 2 %), ischémie d'organe (< 3 %), rupture per-procédurale (< 1 %). La mortalité élective est < 1 %, contre 25-70 % en cas de rupture non traitée.
Suites et récupération
Hospitalisation 1-2 nuits. Angioscanner de contrôle à 3-6 mois puis annuel pour vérifier l'exclusion durable de l'anévrisme.
Modalités pratiques
L'intervention est réalisée en courte hospitalisation. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel vasculaire, en coordination avec le chirurgien vasculaire.
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