Embolisation de l'adénomyose

Obstruction des artères utérines pour traiter l'adénomyose symptomatique responsable de douleurs et saignements.

Santé de la femme

Embolisation de l'adénomyose

Synonymes : embolisation des artères utérines pour adénomyose

Contexte et indications

L'adénomyose est une pathologie gynécologique fréquente dans laquelle du tissu endométrial (la muqueuse qui tapisse normalement l'intérieur de l'utérus) se développe au sein du myomètre (la paroi musculaire utérine). Elle touche environ 20-35 % des femmes et se manifeste par des règles abondantes et douloureuses (dysménorrhée), des douleurs pelviennes chroniques, des saignements intermenstruels, et parfois une infertilité ou des fausses couches à répétition.

L'embolisation des artères utérines est proposée comme alternative mini-invasive à l'hystérectomie chez les femmes symptomatiques souhaitant préserver leur utérus ou présentant des contre-indications chirurgicales. Elle est également envisagée après échec du traitement médical (progestatifs, DIU au lévonorgestrel, analogues de la GnRH).

Bilan préalable

Le bilan repose sur l'IRM pelvienne, examen de référence pour confirmer le diagnostic d'adénomyose (épaississement de la zone jonctionnelle > 12 mm, microkystes intramyométriaux), la distinguer d'un fibrome, et évaluer son étendue (focale ou diffuse). Une échographie pelvienne, un bilan biologique (numération, ferritine) et une consultation gynécologique complètent le bilan.

Déroulement de l'intervention

La technique est identique à celle de l'embolisation des fibromes utérins. Sous anesthésie locale et sédation ou péridurale, un microcathéter est introduit par l'artère fémorale ou radiale. Les deux artères utérines sont cathétérisées et embolisées avec des microparticules calibrées. L'objectif est de réduire la vascularisation du tissu adénomyosique, entraînant sa nécrose partielle et la réduction du volume utérin. L'intervention dure environ 45 à 90 minutes.

Résultats et données scientifiques

Les données disponibles montrent une amélioration significative des symptômes dans 65-75 % des cas d'adénomyose traitée par embolisation, avec une réduction du volume utérin de 25-40 % à 12 mois. L'amélioration des ménorragies est observée dans 75-85 % des cas et celle de la dysménorrhée dans 60-70 % des cas (Kim et al., CardioVascular and Interventional Radiology, 2020 ; DOI : 10.1007/s00270-019-02404-7).

Les résultats à long terme suggèrent un taux de réintervention (hystérectomie) d'environ 20-25 % à 5 ans, principalement en cas d'adénomyose diffuse sévère. L'adénomyose focale répond généralement mieux à l'embolisation que les formes diffuses.

Risques et complications

Le profil de complications est similaire à celui de l'embolisation des fibromes : syndrome post-embolisation (douleurs, nausées, fièvre) dans les 24-72 heures, contrôlé par antalgiques. Infection utérine (< 2 %), aménorrhée transitoire ou définitive (rare avant 45 ans). Les complications majeures sont exceptionnelles.

Suites et récupération

L'hospitalisation est généralement de 1-2 nuits. La reprise des activités est possible après 1 à 2 semaines. L'amélioration des symptômes est progressive sur 3 à 6 mois. Un suivi est prévu avec IRM à 6 et 12 mois.

Modalités pratiques

L'intervention est réalisée en courte hospitalisation ou en ambulatoire selon les cas. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel, en coordination avec le gynécologue traitant.