Embolisation d'angiomyolipome rénal
Embolisation sélective d'un angiomyolipome rénal pour prévenir sa rupture hémorragique ou traiter un saignement actif.
Embolisation d'angiomyolipome rénal
Synonymes : embolisation d'AML rénal, embolisation préventive d'angiomyolipome
Contexte et indications
L'angiomyolipome (AML) rénal est une tumeur bénigne composée de vaisseaux sanguins, de muscle lisse et de graisse. Il peut être sporadique (80 %) ou associé à la sclérose tubéreuse de Bourneville (STB, 20 %). Le risque principal est l'hémorragie rétropéritonéale par rupture des micro-anévrismes intratumoraux.
L'embolisation artérielle sélective est le traitement de première intention des AML rénaux ≥ 4 cm (risque hémorragique significatif), des AML symptomatiques (douleur, hémorragie), et des AML chez les femmes en âge de procréer. Elle permet de préserver le parenchyme rénal tout en réduisant le risque de saignement.
Bilan préalable
Le bilan comprend un scanner ou IRM rénale (confirmation du composant graisseux, mesure de la taille, identification des micro-anévrismes), un bilan de fonction rénale (créatinine, DFG), et une recherche de sclérose tubéreuse de Bourneville (si AML multiples ou bilatéraux). L'IRM permet de différencier les AML riches en graisse des AML pauvres en graisse (qui peuvent mimer un carcinome rénal).
Déroulement de l'intervention
Sous anesthésie locale et sédation, un cathéter est introduit par l'artère fémorale. Sous guidage fluoroscopique, les artères rénales alimentant l'AML sont cathétérisées sélectivement. L'embolisation est réalisée avec des particules calibrées (100-500 µm), parfois complétées par des coils pour les gros vaisseaux nourriciers. L'objectif est de dévasculariser la tumeur tout en préservant le maximum de parenchyme rénal sain. L'intervention dure 1 à 2 heures.
Résultats et données scientifiques
L'embolisation sélective permet une réduction de volume tumoral de 40-60 % à 6-12 mois et élimine le risque hémorragique dans 90-95 % des cas. Le taux de réintervention est de 15-20 % à long terme (surtout dans la STB où les AML sont multiples). La préservation de la fonction rénale est supérieure à la néphrectomie partielle (Ramon et al., Journal of Urology, 2009 ; DOI : 10.1016/j.juro.2009.02.057).
Risques et complications
Syndrome post-embolisation (douleur, fièvre : 30-50 %, résolutif en 3-5 jours), infarctus rénal limité (5-10 %, en général sans conséquence fonctionnelle), abcès (< 2 %). Les complications majeures sont rares (< 3 %).
Suites et récupération
Hospitalisation 1-2 nuits. Scanner ou IRM de contrôle à 3-6 mois. Suivi à long terme pour la STB (récidive possible).
Modalités pratiques
L'intervention est réalisée en courte hospitalisation ou en ambulatoire selon les cas. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel, en coordination avec l'urologue et le néphrologue.
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