Cryo-ablation de névrome

Destruction par le froid d'un névrome (le plus souvent névrome de Morton au pied) pour soulager la douleur.

Troubles musculosquelettiques

Cryo-ablation de névrome

Synonymes : cryo-ablation de névrome de Morton, cryothérapie du névrome de Morton

Contexte et indications

Un névrome est un épaississement d'un nerf, le plus souvent le névrome de Morton (nerf interdigital plantaire au niveau de l'avant-pied), mais aussi les névromes d'amputation (stump neuromas) post-chirurgicaux ou post-traumatiques. Le névrome de Morton touche environ 30 % des adultes, avec une prédominance féminine, et provoque des douleurs métatarsiennes à type de brûlure, de décharge électrique et d'engourdissement des orteils.

La cryo-ablation percutanée est une alternative mini-invasive à la neurectomie chirurgicale, proposée après échec des traitements conservateurs (semelles orthopédiques, infiltrations de corticoïdes, chaussures adaptées) pendant au moins 3-6 mois.

Bilan préalable

Le bilan comprend une échographie ou IRM du pied confirmant le névrome et sa localisation (typiquement dans le 2ème ou 3ème espace intermétatarsien), et la confirmation clinique (signe de Mulder positif). La taille du névrome est mesurée (généralement > 5 mm pour indiquer un traitement).

Déroulement de l'intervention

Sous anesthésie locale, une cryosonde fine (17G) est insérée dans le névrome sous guidage échographique. Le gaz (argon ou CO2) est activé, créant une boule de glace englobant le névrome. Deux cycles de congélation-décongélation de 3 à 5 minutes sont réalisés. La boule de glace est visible en échographie, permettant un contrôle en temps réel. L'intervention dure environ 20 à 30 minutes.

Résultats et données scientifiques

Une étude portant sur 20 patients avec névrome de Morton traités par cryo-ablation percutanée a montré un taux de succès clinique de 85 % avec une réduction significative de la douleur à 6 mois (Friedman et al., Radiology, 2012 ; DOI : 10.1148/radiol.12120446). Le score de douleur EVA moyen est passé de 7.1 à 2.3.

Des séries plus récentes confirment des taux de satisfaction de 75-85 % à 12 mois. En cas de résultat insuffisant, une deuxième séance peut être proposée. Le principal avantage par rapport à la chirurgie est l'absence de cicatrice plantaire (source fréquente de douleurs postopératoires) et la préservation de la sensibilité.

Risques et complications

Les complications sont rares et mineures : ecchymose locale (fréquente, bénigne), engourdissement temporaire des orteils adjacents (10-15 %, résolutif en quelques semaines), douleur locale transitoire. Les complications majeures (lésion vasculaire, infection) sont exceptionnelles.

Suites et récupération

La marche est possible immédiatement, avec un chaussage confortable. L'appui complet est autorisé. L'amélioration de la douleur est progressive sur 2 à 6 semaines. Un suivi est prévu à 1 et 3 mois.

Modalités pratiques

L'intervention est réalisée en ambulatoire. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel.