Cimentoplastie / Vertébroplastie

Injection percutanée de ciment chirurgical dans une vertèbre fragilisée par une métastase pour soulager la douleur et consolider l'os.

Troubles musculosquelettiques

Cimentoplastie / Vertébroplastie

Synonymes : kyphoplastie, vertébroplastie percutanée

Contexte et indications

La vertébroplastie (ou cimentoplastie vertébrale) consiste à injecter du ciment chirurgical (polyméthylméthacrylate - PMMA) dans un corps vertébral fracturé pour le stabiliser et soulager la douleur. La cimentoplastie peut également être réalisée dans d'autres os (bassin, sacrum, fémur) en cas de fractures pathologiques douloureuses.

Les indications principales sont : les fractures vertébrales ostéoporotiques douloureuses résistant au traitement antalgique conservateur (repos, antalgiques, corset) pendant 4 à 6 semaines, les fractures vertébrales sur métastases osseuses ou myélome multiple douloureuses, et les fractures vertébrales traumatiques stables sélectionnées. La kyphoplastie par ballon est une variante qui permet de restaurer partiellement la hauteur vertébrale avant l'injection de ciment.

Bilan préalable

Le bilan comprend une IRM rachidienne récente (indispensable pour confirmer le caractère aigu/subaigu de la fracture par la présence d'un œdème vertébral en séquence STIR, et exclure un recul du mur postérieur ou une compression médullaire), un scanner pour évaluer la morphologie de la fracture et planifier le trajet de ponction, et un bilan de coagulation.

Déroulement de l'intervention

Sous anesthésie locale et sédation (ou anesthésie générale selon les cas), une ou deux aiguilles de biopsie osseuse (11-13G) sont insérées par voie transpédiculaire postérieure sous guidage fluoroscopique ou scanner. L'aiguille est avancée jusqu'au corps vertébral. Le ciment PMMA est préparé, puis injecté sous contrôle fluoroscopique continu, en surveillant l'absence de fuite extravertébrale. L'injection est arrêtée dès qu'un remplissage satisfaisant est obtenu ou en cas de fuite. Le volume injecté est typiquement de 2 à 6 mL par vertèbre. L'intervention dure 30 à 60 minutes par niveau traité.

Résultats et données scientifiques

L'essai randomisé VERTOS II portant sur 202 patients avec fractures vertébrales ostéoporotiques a démontré un soulagement significatif de la douleur après vertébroplastie par rapport au traitement conservateur, avec un score EVA moyen passant de 7.8 à 3.0 à 1 mois contre 7.5 à 4.9 dans le groupe contrôle (Klazen et al., The Lancet, 2010 ; DOI : 10.1016/S0140-6736(10)60954-3).

Le soulagement de la douleur est obtenu dans 80-90 % des cas de fractures ostéoporotiques et 60-80 % des fractures métastatiques. L'amélioration est souvent ressentie dans les 24-48 heures suivant la procédure.

Risques et complications

La fuite de ciment asymptomatique est fréquente (10-20 % des cas, visible au scanner) mais rarement cliniquement significative. Les complications symptomatiques sont rares : radiculopathie par fuite foraminale (< 2 %), embolie pulmonaire de ciment (< 1 %, généralement asymptomatique). L'infection (spondylodiscite) est exceptionnelle (< 0.5 %). La compression médullaire par fuite postérieure est extrêmement rare avec la technique actuelle.

Suites et récupération

Le patient peut se lever et marcher dans les heures suivant l'intervention. Le soulagement de la douleur est souvent rapide (24-48 heures). Un traitement de l'ostéoporose sous-jacente est indispensable pour prévenir de nouvelles fractures. Un suivi est prévu à 1 et 3 mois.

Modalités pratiques

L'intervention est réalisée en ambulatoire ou en courte hospitalisation selon les cas. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel, en coordination avec le rhumatologue, le chirurgien du rachis ou l'oncologue.