Cathéter artériel hépatique pour chimiothérapie intra-artérielle

Mise en place d'un cathéter ou d'une chambre implantable dans l'artère hépatique pour administrer une chimiothérapie directement dans le foie de façon répétée.

Oncologie interventionnelle

Cathéter artériel hépatique pour chimiothérapie intra-artérielle

Synonymes : chimiothérapie intra-artérielle hépatique, PAC artériel hépatique

Contexte et indications

La pose d'un cathéter artériel hépatique (HIAC - Hepatic Intra-Arterial Catheter) permet l'administration d'une chimiothérapie intra-artérielle hépatique (CIAH) de manière prolongée et répétée. La CIAH délivre une concentration de chimiothérapie 15 à 400 fois supérieure dans le foie par rapport à la voie systémique, avec une toxicité systémique réduite. L'indication principale est le traitement des métastases hépatiques de cancer colorectal non résécables, en association avec la chimiothérapie systémique.

Bilan préalable

Le bilan comprend une IRM hépatique, un scanner avec injection (cartographie artérielle hépatique), un bilan biologique hépatique, et une discussion en RCP. L'anatomie artérielle hépatique est étudiée pour planifier le cathétérisme (variantes anatomiques fréquentes).

Déroulement de l'intervention

Sous anesthésie locale et sédation (ou générale), un cathéter est introduit par l'artère fémorale ou le plus souvent par voie chirurgicale (lors d'une laparotomie associée). Le cathéter est positionné dans l'artère gastroduodénale ou l'artère hépatique propre, avec occlusion des branches collatérales (artère gastroduodénale, artère gastrique droite) pour éviter la perfusion extra-hépatique. Le cathéter est connecté à une chambre implantable sous-cutanée (pompe). L'intervention dure 2 à 3 heures.

Résultats et données scientifiques

La CIAH avec floxuridine (FUDR) associée à la chimiothérapie systémique a montré un taux de réponse hépatique de 70-80 % et une augmentation de la survie par rapport à la chimiothérapie systémique seule pour les métastases colorectales non résécables (Kemeny et al., Journal of Clinical Oncology, 2006 ; DOI : 10.1200/JCO.2005.05.3801). La conversion vers la résécabilité est obtenue dans 25-50 % des cas initialement non résécables.

Risques et complications

Complications liées au cathéter (thrombose, déplacement, infection : 10-20 %), toxicité biliaire de la FUDR (cholangite chimique : 5-10 %, prévenue par la dexaméthasone), ulcère gastroduodénal par perfusion extra-hépatique (< 5 %). Une scintigraphie au MAA vérifie la bonne distribution de la perfusion.

Suites et récupération

Hospitalisation 2-3 jours. Début de la chimiothérapie intra-artérielle 2 semaines après la pose. Cures de 2 semaines alternant avec 2 semaines de repos.

Modalités pratiques

L'intervention est réalisée en hospitalisation. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel ou un chirurgien, en coordination avec l'oncologue.