Alcoolisation du plexus cœliaque (neurolyse)
Injection d'alcool dans le plexus cœliaque pour détruire les nerfs transmettant la douleur d'origine pancréatique ou digestive haute.
Alcoolisation du plexus cœliaque (neurolyse)
Synonymes : alcoolisation du plexus solaire, bloc cœliaque à l'alcool, neurolyse cœliaque
Contexte et indications
L'alcoolisation (neurolyse) du plexus cœliaque est une injection percutanée d'alcool absolu autour du plexus cœliaque (ganglions nerveux situés autour de l'aorte au niveau du tronc cœliaque) pour détruire les fibres nerveuses transmettant la douleur viscérale abdominale. C'est un traitement palliatif de la douleur sévère du cancer du pancréas et d'autres cancers abdominaux supérieurs (estomac, foie, voies biliaires) résistante aux antalgiques conventionnels (opioïdes de palier III).
Le bloc du plexus cœliaque (injection d'anesthésique local sans alcool) peut être réalisé au préalable comme test diagnostique pour prédire l'efficacité de la neurolyse.
Bilan préalable
Le bilan comprend un scanner abdominal (repérage du plexus cœliaque, évaluation de l'extension tumorale), l'évaluation de la douleur (EVA, consommation d'opioïdes), et un bilan de coagulation.
Déroulement de l'intervention
Sous anesthésie locale et sédation, guidé par scanner (ou échographie), deux aiguilles spinales (20-22G) sont insérées par voie percutanée postérieure bilatérale, de part et d'autre de l'aorte, au niveau de T12-L1. Après vérification de la position par injection de contraste, un anesthésique local est d'abord injecté (lidocaïne — bloc test), puis 10-20 mL d'éthanol à 95 % sont injectés de chaque côté. La procédure dure 30-45 minutes.
Résultats et données scientifiques
La neurolyse cœliaque offre un soulagement significatif de la douleur dans 70-90 % des cas, avec une réduction de la consommation d'opioïdes de 40-60 %. L'effet dure 3-6 mois en moyenne. Un essai randomisé (Wong et al., JAMA, 2004 ; DOI : 10.1001/jama.291.9.1092) a confirmé la supériorité de la neurolyse précoce sur le traitement antalgique optimisé pour la douleur du cancer du pancréas : meilleur contrôle douloureux, moindre consommation d'opioïdes, et préservation de la qualité de vie.
Risques et complications
Hypotension orthostatique (20-40 %, transitoire — due à la vasodilatation splanchnique), diarrhée transitoire (20-30 %), douleur dorsale post-procédurale (10-20 %), ébriété transitoire (absorption d'éthanol : 5-10 %). Complications graves rares : paraplégie (< 0.5 %, par atteinte de l'artère d'Adamkiewicz — risque principal), pneumothorax (< 1 %).
Suites et récupération
Hospitalisation 1 nuit (surveillance tensionnelle). Hydratation IV préventive. Réduction progressive des opioïdes en parallèle de l'amélioration de la douleur.
Modalités pratiques
L'intervention est réalisée en courte hospitalisation. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel, en coordination avec l'oncologue et l'équipe de soins palliatifs.
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