Ablation percutanée de tumeur pulmonaire

Destruction d'une tumeur du poumon par voie percutanée en utilisant la chaleur ou le froid, sous guidage scanner.

Oncologie interventionnelle

Ablation percutanée de tumeur pulmonaire

Synonymes : ablation de tumeur du poumon, cryo-ablation pulmonaire, radiofréquence pulmonaire

Contexte et indications

L'ablation percutanée de tumeur pulmonaire (par radiofréquence, micro-ondes ou cryo-ablation) est un traitement curatif ou palliatif des tumeurs pulmonaires primitives (cancer bronchique non à petites cellules de stade précoce - NSCLC stade I) et des métastases pulmonaires (oligométastatiques). Elle est principalement proposée aux patients non opérables en raison d'une fonction respiratoire insuffisante, de comorbidités significatives, ou par refus de la chirurgie.

Bilan préalable

Le bilan comprend un scanner thoracique, un PET-CT, des EFR (épreuves fonctionnelles respiratoires), une biopsie percutanée (si diagnostic histologique non obtenu), et une discussion en RCP. La localisation de la tumeur (distance de la plèvre, des gros vaisseaux et des bronches) influence le choix de la technique.

Déroulement de l'intervention

Sous anesthésie générale et guidage scanner, une aiguille d'ablation est insérée dans la tumeur par voie percutanée transcostale. Pour les tumeurs ≤ 2 cm, une seule antenne de micro-ondes suffit. Pour les tumeurs > 2 cm, plusieurs antennes ou sondes peuvent être nécessaires. La cryo-ablation est préférée pour les tumeurs proches du médiastin (meilleur profil de sécurité près des structures centrales). Un scanner avec injection immédiat vérifie la zone d'ablation. La procédure dure 1 à 2 heures.

Résultats et données scientifiques

Pour le NSCLC de stade IA (≤ 2 cm), l'ablation par micro-ondes offre un taux de contrôle local de 85-95 % et une survie à 3 ans de 60-70 % chez les patients non opérables. Pour les métastases pulmonaires oligométastatiques (1-5 lésions ≤ 3 cm), le contrôle local est de 70-90 % à 2 ans. La cryo-ablation du poumon a montré des résultats similaires dans des séries multicentriques (de Baere et al., Radiology, 2015 ; DOI : 10.1148/radiol.2015142690).

Risques et complications

Pneumothorax (20-40 %, dont 10-15 % nécessitant un drainage), hémorragie alvéolaire (hémoptysie : 5-10 %), pleurésie réactionnelle (5-10 %), douleur thoracique (20-30 %). La mortalité péri-procédurale est de 0.5-1 %.

Suites et récupération

Hospitalisation 1-2 nuits (surveillance du pneumothorax). Scanner de contrôle à 1, 3, 6 et 12 mois.

Modalités pratiques

L'intervention est réalisée en courte hospitalisation. Elle est pratiquée par un radiologue interventionnel oncologue, en coordination avec le pneumologue et l'oncologue.